La sexualité dans la Bible

Ce que dit la Bible sur l’homosexualité

Un chrétien qui se découvre homosexuel se trouve parfois confronté à une véritable opposition entre sa foi et ses attraits.

Lorsqu’il ouvre les Écritures pour trouver aide et sens dans sa vie, il rencontre des versets de condamnation qui le culpabilisent encore davantage et peuvent aller jusqu’à l’inciter à rejeter sa foi.

Voici quelques clés de lecture pour approcher ces textes délicats.

Quelle attitude avoir devant ces textes ?

Trois écueils fréquents sont à éviter :

– gommer ce que ces textes peuvent avoir de dur à entendre, pour ne lire que ce qui nous arrange ou les conformer à la culture ambiante.

– forcer les textes pour voir des relations de type homosexuel là où cela ne correspond pas au sens de la Parole de Dieu.

– chercher tout ce qui est de l’ordre de la condamnation sans tenir compte du contexte culturel dans lequel ces textes ont été écrits.

Devant la Parole de Dieu, il nous faut faire preuve d’humilité.

Le contexte culturel

Reconnaître que notre culture, notre société sont différentes de celles de l’élaboration des textes sacrés n’est pas contredire l’Écriture : il ne faut pas confondre le souffle de la Parole de Dieu avec les lois humaines qui y sont inscrites et qui peuvent évoluer.

D’où l’obligation de resituer les textes dans leur contexte d’origine.

Le monde a changé : aujourd’hui, nous n’acceptons plus l’esclavage, nous ne lapidons plus les femmes adultères, la femme n’est plus considérée comme inférieure à l’homme, nous mangeons du porc sans commettre une infamie ; si un homme condamnait son semblable à la peine de mort, comme on le lit dans le Lévitique aux chapitre 18 et suivants, nous le traiterions avec raison de criminel au lieu de le féliciter de sa fidélité à la Loi.

De plus, l’idée même d’une orientation homosexuelle foncière est absolument absente de la Bible.

C’est seulement au XXe siècle que l’Église prend en compte une définition de l’homosexualité fondée avant tout sur l’attirance sexuelle et non pas sur les actes.

Les auteurs de l’Écriture ne concevaient des relations entre personnes du même sexe autrement que comme le simple assouvissement d’un désir physique par des personnes hétérosexuelles, dans un contexte de débauche, de viol ou de prostitution sacrée…

Une orientation homosexuelle, un amour homosexuel, tout cela n’était pas leur horizon.

C’est une différence importante pour tout jugement moral.

Ce que dit l’Ancien Testament

On cite généralement trois principaux passages, dont deux viennent du Lévitique :

« Tu ne coucheras pas avec un homme comme on couche avec une femme.

C’est une abomination3. » (Lv 18, 22) « Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, tous deux commettent une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombera sur eux. » (Lv 20, 13)

Après l’exil (où le mélange des populations, des croyances, des coutumes, des lois menaçait les Hébreux), Israël observe tout un « Code de sainteté » fait de règles de pureté, dont le but est d’éviter des confusions et de mettre le peuple choisi par Dieu à part des autres peuples.

Or l’homosexualité manifestait pour eux l’une de ces confusions.

Le terme « abomination » fait référence à cette perte de pureté.

Quant à la condamnation à mort, elle concerne une quantité d’actes de toutes sortes (battre ses parents, par exemple).

Et elle n’était pas appliquée car depuis la chute du Temple, un sanhédrin ne peut se constituer pour la prononcer : c’était une façon de menacer et de détourner d’une faute grave.

Le troisième passage invoqué est le récit de la destruction de Sodome (Gn 19).

Nous sommes tellement habitués à entendre parler de Sodome comme d’un récit de condamnation de l’homosexualité qu’il est bon de vérifier avec sa Bible en main.

Voici le contexte : Lot reçoit deux messagers de Dieu chez lui, à Sodome.

Alors, « les hommes de la ville, ceux de Sodome, cernèrent la maison, des plus jeunes aux plus vieux, toute la population sans exception » pour violer les deux hôtes étrangers (Gn 19, 4).

Devant cette situation, Lot propose aux hommes de Sodome de violer ses filles à la place des hommes.

L’histoire est donc bien celle d’une tentative de viol, et c’est la dénaturer que d’y voir la condamnation d’une relation entre deux personnes homosexuelles consentantes.

En fait, ce texte forme un diptyque avec le chapitre 18 de la Genèse (l’hospitalité d’Abraham), et c’est ainsi qu’il convient de le lire : ce qui est condamné ici, c’est la transgression des traditions de l’hospitalité, le viol homosexuel étant ici le révélateur d’une perversion bien plus profonde chez les habitants de Sodome.

L’application de ce texte à la condamnation de l’homosexualité est plus tardive et n’est pas conforme aux plus anciennes compréhensions de ce passage.

Les prophètes ne mentionnent pas l’homosexualité quand ils parlent de Sodome ; et c’est également de transgression des lois de l’hospitalité qu’il est question lorsque Sodome est mentionnée en Luc 10, 2, quand Jésus évoque les villes qui, pour ne pas avoir accueilli les apôtres en mission, seraient jugées plus sévèrement que Sodome.

Ce que dit Paul dans le Nouveau Testament

Si l’on aborde les textes du Nouveau Testament concernant l’homosexualité, il faut avant tout en préciser là aussi le contexte.

Dans la Grèce antique et dans l’Empire romain, le mariage est un arrangement contractuel entre deux familles pour organiser la transmission du patrimoine.

Les fonctions de reproduction, de relations affectives et de plaisir sexuel sont dissociées.

Les citoyens ont une femme mais peuvent avoir des relations sexuelles avec des amants, des esclaves ou des prostitués, hommes ou femmes.

Dans la culture grecque ou romaine, les actes homosexuels ne posent pas de problèmes d’acceptation sociale pourvu que les rôles actif/passif respectent la hiérarchie et la différence d’âge.

Paul s’insurge contre ces pratiques païennes, associées pour lui à l’idolâtrie.
1 Co 6, 9 : « Ne vous y trompez pas ! Ni impudiques, ni idolâtres, ni adultères, ni dépravés, ni gens de mœurs infâmes … n’hériteront du Royaume de Dieu4. » 1 Tm 1, 10 : « La loi n’a pas été instituée pour le juste mais pour… les impudiques, les homosexuels, les trafiquants d’hommes, les menteurs, les parjures, et pour tout ce qui s’oppose à la saine doctrine. »

Ces deux passages citent toute une liste de péchés considérés comme rédhibitoires pour l’accès au Royaume de Dieu.

Il est intéressant de constater que les uns et les autres n’ont rien à voir : les « homosexuels » sont placés au même niveau que les menteurs, par exemple.

La liste que dresse Paul est un catalogue dont on trouve des exemples ailleurs (chez les juifs et les non juifs) et qui, finalement, vaut plus comme un ensemble que dans le détail des situations mentionnées.

Cependant, les actes homosexuels sont considérés comme gravissimes, offensant directement la Loi divine.

Cet enseignement est parfaitement cohérent avec le judaïsme de cette époque.

Aucune distinction liée à une question d’orientation sexuelle ou de circonstances dans l’acte posé n’est indiquée.

C’est l’acte génital en lui-même qui est condamné.


Rm 1, 18 ; 26-27 : « La colère de Dieu se révèle du haut du ciel contre toute impiété et contre toute injustice des hommes qui, par leur injustice, font obstacle à la vérité. […] C’est pourquoi Dieu les a livrés à des passions déshonorantes.

Chez eux, les femmes ont échangé les rapports naturels pour des rapports contre nature.

De même, les hommes ont abandonné les rapports naturels avec les femmes pour brûler de désir les uns pour les autres ; les hommes font avec les hommes des choses infâmes, et ils reçoivent en retour dans leur propre personne le salaire dû à leur égarement. »

Paul affirme que, parce que les païens n’ont pas accueilli Dieu et sa vérité, ils ont été punis et amenés à commettre des actes contre nature.

Il faut rappeler qu’il n’existe pas, dans l’Antiquité, une structure homosexuelle comme le définit l’approche psychologique moderne.

Certes, des comportements homosexuels existent, mais ils s’inscrivent à l’intérieur d’une hétérosexualité générale.

Les pratiques homosexuelles ne peuvent donc qu’apparaître anormales.

Pour Paul, elles illustrent l’impiété des païens. S’appuyant sur le récit de la création, Paul établit un lien entre homosexualité et idolâtrie.

Dans l’idolâtrie, l’homme adore la créature, ne rendant pas au Créateur ce qui lui revient uniquement.

Il se produit comme un bouleversement de l’ordre du monde et du projet divin initial, qui devait notamment être manifesté par la différence sexuelle.

En effet, dans l’acte homosexuel, cette différenciation n’est pas prise en considération ; c’est pourquoi l’homosexualité constitue pour Paul la meilleure illustration possible de l’impiété.

Cependant le but de Paul n’est pas de condamner inexorablement le pécheur.

Son œuvre est au contraire un cri d’espérance et d’action de grâce.

Dans la perspective du Royaume, d’ailleurs, toutes les différences actuelles disparaissent : une seule identité compte, celle d’enfant de Dieu : « Tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi.

En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus » (Ga 3, 28).

Le projet divin va ainsi au delà de toutes les déterminations humaines.


Il faut enfin tenir compte que, pour Paul, la Loi n’est pas un but en soi, elle n’est pas un carcan culpabilisateur : c’est un pédagogue.

Or la fonction d’un pédagogue est d’aider l’homme à devenir un être responsable, capable de faire des choix libres en conscience.


À l’instar de la rencontre de Jésus avec l’homme riche, l’Évangile dit à chacun que « Jésus posa son regard sur lui et l’aima » (Mc 10, 21).

La Parole ultime de Dieu se révèle miséricordieuse : « Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur »(1 Jn 3, 20)

SUICIDE: LA COTE D’ALERTE CHEZ LES GAYS

On pourrait penser que le mariage pour tous allait encourager le mieux vivre des gays.

C’est le contraire qui se passe.

Et c’est très compréhensible…

Pourtant, le suicide plane sur la communauté gay et beaucoup y pensent.

Bien sûr, il n’y a pas de chiffres récents.

Mais les gays y pensent davantage.

Dans mon entourage ou ailleurs, des amis en parlent, j’en parle moi-même.

On se sent au bout du rouleau comme d’autres se suicident sur les voies ferrées parce qu’ils sont au chômage depuis trop longtemps.

Mais chez les gays, l’envie de suicide se développe précisément au moment où le mariage pour tous va enfin offrir aux personnes LGBT la reconnaissance symbolique qu’ils attendaient depuis (trop) longtemps.

On pourrait penser que cette réforme sociétale encouragerait le mieux vivre des gays.

C’est le contraire qui se passe et c’est pourquoi les médias gays et les associations LGBT ont tant de mal à exprimer le moindre avis sur cette période suicidaire.

Les gays se suicident parce qu’ils sont seuls.

Dans le cas de Wilfried Knight, c’est le suicide de son partenaire quelques semaines auparavant qui a sans doute été le déclencheur.

Wilfried se retrouvait seul et une partie de sa détermination avait pour but de «rejoindre» son amoureux dans la mort.

On parle beaucoup du suicide chez les jeunes LGBT dans les études sociales ou dans le combat contre l’homophobie [PDF] mais on s’intéresse moins au fait qu’une grande partie des morts volontaires surviennent chez des gays plus âgés, ceux qui sont érodés par la transformation de la communauté gay en vaste supermarché de drague.

Les drogues récréatives, les binges d’alcool et de sexe, les IST en hausse, la peur de vieillir seul affectent souvent la génération des baby boomers gays pour qui rien n’est prévu dans l’agenda homosexuel.

C’est le mariage gay —ou rien.

Or nombreux sont ceux qui ne se sentent pas concernés par le mariage gay.

Ils savent que c’est une loi importante, symbolique, universelle.

Mais ils doutent qu’elle change leur vie quotidienne.

Pendant ce temps, le processus politique qui accompagne le débat de la loi a provoqué une overdose d’insultes et touché un nerf sensible.

Ce qui est important de noter dans cette présence du suicide chez les gays, c’est qu’elle concerne surtout ceux qui ont une position sociale dominante.

Les récits des décès de directeurs d’école prestigieuse ou d’avocat célèbre montrent que ces disparitions sont liées à des questions plus larges qui touchent à l’essence même de l’identité LGBT: le fait de s’assumer, de revendiquer le coming-out.

Or, en France en tout cas, le long débat cauchemardesque sur le mariage gay (qui est loin d’être fini, rappelons-le) n’aura provoqué aucun mouvement de masse de coming-out chez les people, les journalistes, les hommes politiques, ou les gays en général.

On s’émeut de témoignages secondaires et anonymes sur des parents qui écrivent des lettres attendrissantes sur l’homosexualité de leurs enfants, c’est bien, mais les premiers concernés restent dans l’ombre.

Quand va-t-on aborder les vrais sujets politiques ?

Aucun débat n’est lancé, aucun projet non plus.

Il faut regarder cette succession de suicides, chez les gays célèbres ou anonymes comme le symbole d’une impasse pour une communauté sans direction.

Il n’y a pas de leadership.

Les gens perdent espoir.

Il faut arrêter de se taire sur ce phénomène.

Il prend de l’ampleur.