Le pardon

Un chrétien qui se suicide va-t-il en enfer ?

La question taboue

Cette question nous met souvent tellement mal à l’aise qu’elle est rarement abordée.

La Bible ne nous donne pas de directive claire sur le sujet, mais elle nous mentionne plusieurs personnes qui se sont suicidées.

Le premier qui nous vient à l’esprit est Judas.

Satan entré en lui (Jean 13.27), l’enfer pourrait peut-être bien lui ouvrir ses portes.

Des siècles auparavant, le roi Saül qui vient de perdre une bataille à cause de son infidélité envers le Seigneur, se donne la mort (1 Chroniques 10.4 et 13).

Ses os et ceux de ses fils sont néanmoins ensevelis en territoire juif (1 Chroniques 10.12).

D’autres, comme Job, Jérémie ou Elie, sont tellement désespérés, qu’ils demandent à Dieu de reprendre leur vie, mais ils ne tentent pas de se tuer.

A leurs yeux, la vie et la mort sont entre les mains du Seigneur.

Ils comprennent que ce n’est pas à eux de se supprimer.

« Ne te fais pas de mal ! » crie Paul au geôlier qui veut se suicider (Actes 16.28).

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même, » dit Jésus, dans Matthieu 19.19.

S’aimer soi-même, c’est prendre soin de sa propre personne.

L’éthique judéo-chrétienne est une éthique de la création qui considère la vie comme un don de Dieu, qu’il est normal de préserver.

On est loin de certaines pratiques orientales du suicide d’honneur.

Se donner la mort est un acte extrêmement violent contre soi-même et contre son entourage.

Il n’est pas dans la volonté de Dieu de faire porter le poids de sa mort à autrui, car les proches auront à subir des interrogations et ressentiront probablement de la culpabilité.

L’enfer – la séparation définitive et totale d’avec Dieu – est réservé à ceux qui refusent en toute connaissance de cause le salut et la réconciliation de Christ.

Un chrétien qui mettrait fin à ses jours suite à une souffrance extrême, à une profonde dépression ou à l’abandon de tout espoir face à un problème vital n’y est pas destiné.

Heureusement, « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Luc 19.10). Notre Père n’abandonnera pas ses enfants. Rien ne pourra les séparer de son amour : « ni la mort, ni la vie, » selon Romains 8.38.

Les proches dans le deuil peuvent faire confiance à la compassion de Dieu qui sonde les coeurs.

Le chemin de la consolation est long et difficile, mais possible avec l’aide du Saint-Esprit.